Tangaly, sous-préfecture de la préfecture de Tougué, dans la région de Labé, abrite chaque mercredi un marché hebdomadaire essentiel pour les habitants et les commerçants. Poissons, légumes et divers produits y sont vendus, témoignant du dynamisme économique local, mais aussi des nombreuses difficultés auxquelles font face les vendeurs.
Sur place, la rédaction de Foutakameen.com a recueilli des témoignages révélant les problèmes de transport, de conservation des marchandises, le manque d’infrastructures (hangars, électricité) et le mauvais état des routes, autant d’obstacles qui compliquent leur activité et appellent un soutien des autorités.
Kadiatou Baldé, vendeuse de poissons, évoque notamment le transport et l’absence d’électricité pour conserver ses produits.
« Je vends du poisson chaque jour chez moi, car j’ai un réfrigérateur. Mais tous les mercredis, comme c’est le jour de notre marché, je viens ici au marché pour vendre. Je vends toutes sortes de poissons, comme ceux qu’on vend en ville. Nous achetons nos poissons à Labé et nous les revendons ici. Vous savez, il y a des périodes où la route est impraticable. Pendant ces périodes, on transporte notre marchandise à moto. On paie entre 20 000 et 25 000 GNF par carton pour ne pas trop retarder la marchandise. Si la route est un peu praticable, on envoie la marchandise en voiture. Il existe plusieurs sortes de poissons. Il y a une sorte dont le carton coûte 400 000 GNF, une autre à 450 000 GNF et une autre encore à 500 000 GNF. Nous aussi, nous revendons à des prix abordables », explique-t-elle.
Mais, cette activité ne se fait pas sans difficultés renchérit cette commerçante.
« Les difficultés que nous rencontrons, surtout la pourriture des poissons, car elle est très rapide. Vous savez, ici c’est un village, il n’y a pas d’électricité. Nous nous débrouillons avec des panneaux solaires. La pourriture nous fatigue beaucoup. Ce que nous demandons aux autorités pour faciliter notre travail, c’est de nous aider à avoir l’électricité. Cela nous aiderait énormément », plaide Kadiatou Baldé.
À l’image de son homonyme, Kadiatou Baldé, également vendeuse de légumes, souligne à son tour les difficultés liées au transport et aux conditions de travail.
« Nous achetons nos marchandises à Labé, puis nous les envoyons ici pour les revendre. Ce qui nous fatigue le plus, c’est le coût du transport, qui est élevé selon les chauffeurs, à cause du mauvais état de la route. Actuellement, comme c’est la saison sèche, nos marchandises ne se gâtent pas en route. Mais pendant la saison des pluies, il arrive que certaines se détériorent. Pour le moment, de mon côté, la clientèle est présente, car chaque lundi nous partons à Labé pour acheter de nouvelles marchandises. Ce que nous demandons à l’État et aux personnes de bonne volonté, c’est de nous aider à construire un hangar afin de nous protéger du soleil et de la pluie », lance cette autre vendeuse, Kadiatou Baldé.
Fatimatou Baldé, vendeuse de légumes, elle aussi sur le manque d’infrastructures, la faible affluence et l’état dégradé de la route.
« Le marché bouge un peu, mais nous souhaitons un marché plus grand. De plus, il n’y a pas beaucoup de clientèle parce que le soleil est ardent. Les gens n’osent pas venir, car nous n’avons pas de hangars pour nous protéger du soleil. Je peux dire que cela participe à la baisse de la clientèle. À cela s’ajoute le fait que nous achetons nos marchandises en ville. Parfois aussi, nous avons du mal à trouver des voitures qui viennent ici pour le marché hebdomadaire afin de nous livrer nos marchandises, car les chauffeurs se plaignent du mauvais état de la route. Ils ne viennent presque pas les jours de marché. Ce que nous demandons, c’est la construction de hangars pour nous protéger du soleil et de la pluie, ainsi qu’une bonne route pour faciliter notre travail », a-t-elle dit.
Mamadou Dian Diallo et Abdoul Karim Baldé pour foutakameen.com.

COMMENTS