Marché, jeunesse et enseignement supérieur : le quotidien vibrant des communautés de la CR de Hafia 

Marché, jeunesse et enseignement supérieur : le quotidien vibrant des communautés de la CR de Hafia 

Située à 21 kilomètres de la ville de Labé, la sous-préfecture de Hafia se distingue par son importance et par l’existence de l’une des plus grandes universités de la région, l’université de Labé, également appelée université de Hafia. Cependant, malgré son potentiel, la commune fait face à de nombreux défis. La collaboration entre les autorités locales et les jeunes est globalement positive, mais le marché central reste un point sensible pour les habitants.

Chaque samedi, citoyens et commerçants se retrouvent au marché pour leurs besoins quotidiens, ce qui permet à la commune de percevoir un minimum de taxes nécessaires au financement de certaines activités.

Lors de notre visite, le président de la délégation spéciale, Mamadou Oury 3 Bah, a évoqué sa coopération avec les jeunes :

« Nous avons une bonne collaboration avec les jeunes de Hafia. Si nous avons besoin d’eux, nous passons par le DSPJ. Il n’y a aucun problème entre la commune et les jeunes, nous travaillons et prenons les décisions ensemble. Il en est de même pour l’ensemble de la communauté, avec laquelle nous entretenons de bonnes relations. Cependant, nous faisons face à un handicap : l’insertion socio-professionnelle des jeunes reste très faible. La commune rurale de Hafia est proche de la ville, certains jeunes préfèrent y travailler puis revenir, tandis que d’autres pratiquent l’agriculture, mais cela n’emploie pas beaucoup de personnes. Il n’est pas obligatoire que la commune finance les jeunes, mais nous devons travailler avec eux et favoriser ce qui est nécessaire. La maison des jeunes a été construite et équipée par la commune, reste à savoir si elle est bien entretenue. »

Concernant le marché hebdomadaire, il précise

« Le marché a lieu tous les samedis. En ce qui concerne les recettes, nous les percevons directement. À notre arrivée, il n’y avait pas de percepteur, nous avons donc confié cette mission à des jeunes qui rendent compte chaque semaine. Ce n’est pas un grand marché, nous percevons au minimum 100 000 GNF chaque samedi. Les boutiques paient des taxes annuelles, c’est-à-dire des impôts. Nous travaillons aussi avec les syndicats de transport qui, malgré le manque d’infrastructures, versent leurs recettes », a-t-il précisé.

Mamadou Oury 3 Bah revient sur le financement des activités communales

« La commune ne se limite pas aux taxes. Elle fonctionne à travers un budget adopté, incluant les recettes. Nous répartissons ce budget pour réaliser des projets en priorité selon les besoins. »

Enfin, sur la relation entre la commune et l’université

« L’université est un institut national, elle n’a pas d’obligation envers nous, mais il existe une collaboration. Nous considérons les étudiants comme des citoyens de Hafia et travaillons main dans la main pour maintenir la paix. Les étudiants qui n’ont pas de place en dortoir louent parfois des maisons chez nos citoyens, ce qui leur assure un revenu. Dire que Hafia est très chère ou difficile à vivre est un cliché courant chez les étudiants, mais dans l’ensemble, tout se passe bien », renchérit Mamadou Oury 3 Bah.

Hafia, avec son université et sa jeunesse dynamique, reste une commune en pleine mutation, jonglant entre défis économiques et initiatives locales pour améliorer la vie de ses habitants.

Boubacar Diallo et Abdourahmane Baldé pour Foutakameen.com

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