Annoncée récemment par le ministre des Transports, Ousmane Gaoual Diallo, l’obligation pour tout conducteur de moto de disposer d’un permis de conduire suscite de vives réactions à Labé. La rédaction de foutakameen.com est allée à la rencontre des conducteurs de moto-taxi et des usagers particuliers. Si la mesure est jugée « nécessaire » par plusieurs, son coût jugé exorbitant et les délais imposés inquiètent la majorité des détenteurs d’engins à deux roues.
« Nous ne sommes pas contre le permis, mais le prix est trop élevé », s’exclame un conducteur de moto-taxi.
Amadou Siddy, conducteur de moto-taxi, estime que la décision du ministère est légitime mais mal préparée.
« Nous ne sommes pas contre l’obligation du permis, mais nous sommes contre le prix et le délai donné. Avant même le permis, il faut une carte d’identité biométrique, et jusque-là ce n’est pas facile à obtenir. S’ils ne veulent pas nous brusquer, qu’ils revoient le prix et fassent d’abord des sensibilisations. Les montants annoncés sont énormes », plaide-t-il.
« 800 000 GNF, c’est impossible pour nous », déclare un autre.
Pour Ibrahima Bah, également taxi-motard, le tarif est tout simplement inaccessible.
« Le prix est trop cher. Nous vivons du quotidien. Qu’ils ne pensent pas que nous gagnons beaucoup, c’est faux. Je demande au ministère de nous accorder plus de temps. On ne peut pas contourner la loi, mais qu’ils comprennent les réalités. Qu’on ramène le prix à 300 000 GNF au lieu de 800 000 GNF pour que chacun puisse obtenir son permis sans souffrir », propose-t-il.
Routes dégradées, vie chère et chômage : l’autre colère des conducteurs
Au-delà du prix, Mamadou Cellou Diallo met en avant le manque d’infrastructures routières.
« Le permis est une obligation, oui. Mais 800 000 GNF pour une moto, c’est trop. Ils pouvaient fixer à 100 000 ou 150 000 GNF. Et puis, nous n’avons même pas de bonnes routes, c’est pareil partout en Guinée. Les accidents sont quotidiens à cause de nos routes dégradées. La vie est chère, beaucoup de taxi-motards sont des diplômés sans emploi qui nourrissent leurs familles grâce à ce métier », souligne-t-il.
Les particuliers aussi se plaignent
Les simples usagers aussi emboîtent les pas de conducteurs de moto-taxi.
« Nous sommes d’accord pour le permis, mais c’est trop cher. S’ils diminuent le prix et nous donnent du temps, nous allons nous engager à l’obtenir. Le ministère doit aussi simplifier les démarches », explique Kamno, un conducteur particulier.
Des sensibilisations annoncées
Dans une note publiée récemment, le ministre Ousmane Gaoual Diallo a annoncé que des campagnes de sensibilisation débuteront le 29 novembre afin d’expliquer la mesure et accompagner les populations. Il a même précisé que cette mesure ne s’appliquera pas à l’immédiat. Des centres de formation seront d’abord ouverts, pour permettre aux usagers de maîtriser le code de la route avant de se procurer du permis.
Il a d’ailleurs indiqué que ces permis ne sont pas encore disponibles pour l’instant. Cette communication du porte-parole du gouvernement lève les nombreuses spéculations qui circulent autour de cette nouvelle mesure.
Abdoul Karim Baldé pour foutakameen.com

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