Préparatifs de la fête à Labé : les ateliers de couture moins débordés à l’approche de la Tabaski

Préparatifs de la fête à Labé : les ateliers de couture moins débordés à l’approche de la Tabaski

À l’approche de chaque fête, les ateliers de couture font généralement face à une forte affluence de clients. Cette nouvelle fête qui pointe à l’horizon ne fait pas exception, bien que l’ambiance semble moins intense cette année. Dans les ateliers de couture de la ville de Labé, où nous avons effectué notre constat, le rythme de travail se ressent, mais reste plus calme que d’habitude.

L’équipe de foutakameen.com est allée à la rencontre de plusieurs couturiers pour prendre le pouls de la situation à l’approche de la fête de Tabaski, qu’ils jugent globalement moins mouvementée que les années passées.

Maître Boubacar Diallo, couturier, revient sur l’ambiance actuelle dans son atelier :

« Le travail se passe bien, par la grâce de Dieu. Les commandes que nous avons reçues sont en cours de finition et nous comptons tout achever avant la fête. Je suis entouré de jeunes qui travaillent jour et nuit pour que chacun de nos clients reçoive sa commande à temps. La seule chose que nous déplorons, c’est le fait que certaines personnes attendent les derniers jours avant la fête pour apporter leurs habits à coudre. Ils usent ensuite de leurs liens de parenté pour nous convaincre d’accepter leurs commandes, et si nous n’arrivons pas à finir à temps, cela crée des tensions. C’est la plus grande difficulté que nous rencontrons à cette période. »

Interrogé sur l’évolution de la clientèle cette année par rapport aux précédentes, Sadou Kallan Barry, un autre maître couturier, souligne que l’ambiance n’est plus la même :

« Nous constatons une baisse de la clientèle ces dernières années. À chaque fête, la situation change, et le travail ne fait que régresser. La plupart du temps, c’est surtout pendant la fête du Ramadan que nous avons le plus de travail. Aujourd’hui, la clientèle repose principalement sur la connaissance et la fidélité. Ce sont les habitués qui reviennent chaque année. »

Sur la problématique des commandes que certains tailleurs acceptent mais ne parviennent pas à honorer à temps, Mamadou Saidou Barry, également couturier, partage sa méthode pour éviter ce genre de désagrément :

« Moi, je ne prends que les commandes que je suis sûr de pouvoir terminer. Si quelqu’un vient alors que la fête est proche, je lui explique que je ne pourrai pas finir son habit à temps et je le redirige vers d’autres collègues. Je préfère éviter les conflits. Je limite les commandes, je ne pense pas seulement à l’argent. Je recherche la satisfaction du client et je tiens à préserver la confiance qu’il me porte, sans lui donner de faux rendez-vous», affirme ce tailleur.

Ces trois professionnels que nous avons pu interroger exhortent d’ailleurs leurs collègues à ne pas accepter de commandes qu’ils ne peuvent pas terminer à temps. C’est, selon eux, la seule manière de renforcer la relation de confiance entre clients et couturiers.

Abdourahmane Baldé pour foutakameen.com

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