Après la publication de la liste provisoire des candidats à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, la rédaction de Foutakameen.com est allée à la rencontre d’un juriste afin d’éclairer l’opinion sur la légalité du rejet de certains dossiers de candidature et sur la crédibilité du scrutin.
Interrogé sur le sujet, Me Mouley Ismaël Diallo, juriste basé à Labé rappelle d’abord les dispositions prévues par la nouvelle Constitution concernant les critères d’éligibilité à la magistrature suprême :
« Selon la Constitution récemment adoptée, pour être candidat à l’élection présidentielle en Guinée, il faut être de nationalité guinéenne, résider dans le pays, avoir au minimum 40 ans et au maximum 80 ans. Le candidat doit également fournir un document justificatif de ses biens, entre autres exigences. Nous avons tous suivi la Cour suprême, qui a délibéré publiquement sur la liste provisoire. Sur une cinquantaine de dossiers déposés, seuls neuf ont été retenus pour le moment », explique le juriste.
Le juriste précise ensuite les raisons possibles du rejet de certaines candidatures :
« Plusieurs candidatures ont été écartées pour absence de pièces justificatives, notamment celles relatives à la déclaration de patrimoine. Tout cela s’est déroulé de manière transparente. Chacun sait en principe pourquoi son dossier n’a pas été retenu. Toutefois, j’ai entendu parler d’une fiche d’identification qui aurait été exigée alors que ce document ne figurait pas parmi les critères de sélection prévus par la Constitution. Mais ce qui importe, c’est que tous les critères légaux doivent être rigoureusement respectés », fait savoir l’homme de droit.
Me Mouley Ismaël Diallo interpelle également les candidats eux-mêmes sur la nécessité de mieux connaître les textes de loi qui régissent le processus électoral.
« Les candidats doivent maîtriser les critères fixés par la loi avant de déposer leur dossier. Et s’ils ne les connaissent pas, ils doivent se faire assister par des personnes compétentes. Il n’est pas concevable que quelqu’un qui aspire à diriger un pays ignore les lois fondamentales de ce même pays. »
Concernant l’ouverture politique lors du dépôt des candidatures, le juriste estime qu’il y a eu quelques avancées, mais aussi des limites :
« On peut dire qu’il y a eu une certaine ouverture, notamment avec l’introduction de la candidature indépendante. Cependant, ce processus a connu des obstacles. Pour qu’une candidature indépendante soit validée, elle doit être accompagnée de la signature des maires. Or, les maires actuels sont tous nommés et non élus, ce qui a rendu la procédure plus complexe. Nous espérons qu’à l’avenir, lorsque ces autorités locales seront élues, cela facilitera davantage les choses », déplore notre interlocuteur.
Enfin, il convient de rappeler que la liste définitive des candidats à la présidentielle de décembre est attendue pour le 13 novembre prochain. Ce sera à cette date que la Cour suprême dévoilera officiellement les noms de ceux qui seront autorisés à concourir pour la magistrature suprême.
Abdourahmane Baldé pour foutakameen.com

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