Ces dernières années, la préfecture de Labé a été le théâtre de plusieurs cérémonies de pose de premières pierres pour des projets d’envergure. Mais alors que les promesses s’accumulent, certains chantiers, eux, peinent à se concrétiser. La rédaction de foutakameen.com s’est intéressée à l’état d’avancement de ces travaux annoncés en grande pompe et avec fanfare.
Des projets ambitieux, mais toujours inachevés
En avril 2023, l’ancien Premier ministre Dr Bernard Goumou procédait à la pose de la première pierre de la réhabilitation de l’aérodrome régional de Labé, avec un délai d’exécution annoncé de douze mois. Deux ans plus tard, le chantier reste inachevé, suscitant déception, incompréhension et attente interminable chez les citoyens.

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Quelques semaines plus tard, en mai 2023, l’ancien ministre de la Santé, Dr Mamadou Péthé Diallo, lançait, en compagnie du Premier ministre, les travaux de construction d’un hôpital régional moderne censé être équipé d’infrastructures et de matériels de dernière génération. Ce projet est en cours de réalisation au bord de la route Labé-Mali, à quelques encablures de l’abattoir. Là encore, malgré la patience des populations, le projet est toujours en chantier.
À ces projets s’ajoutent la reconstruction de la Maison des jeunes, la réhabilitation du Palais de la Kolima, ainsi que la construction du siège régional de la Haute Autorité de la Communication (HAC). Aucun de ces chantiers n’a encore été achevé.


Voirie urbaine : des travaux en dents de scie
Concernant la voirie urbaine, les travaux peinent à suivre leur cours normal. Ils sont caractérisés par des arrêts brusque sans explications et de reprises. Seuls quelques kilomètres de bitume ont été réalisés avant un nouvel arrêt des travaux. Ce n’est que le 3 novembre 2025 que le réprofilage de certains axes routiers de la ville a repris. Une reprise qui laisse néanmoins les habitants dubitatifs, tant ils redoutent un nouvel arrêt.

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Pour Mamadou Moussa Barry, citoyen de Labé, la lenteur des travaux est devenue un véritable casse-tête :
« Tous les travaux entamés depuis deux ans restent inachevés. Les routes sont toujours en chantier, les délais ne sont jamais respectés. On ne sait pas s’il s’agit d’un problème de financement ou de suivi. J’appelle les autorités à plus de sérieux pour accélérer ces projets », plaide-t-il.
Un sentiment d’abandon en Moyenne Guinée ?
Ce constat de lenteur alimente un sentiment d’abandon estime Thierno Hassana Diallo.
« En Moyenne Guinée, l’État est presque absent. Les populations font beaucoup d’efforts pour le développement local, mais l’État néglige cette région, que ce soit sur le plan des routes, de l’eau ou des infrastructures publiques. Nous demandons au gouvernement de répondre enfin aux besoins de la jeunesse, car c’est elle l’avenir du pays », sollicite ce citoyen.
Une jeunesse privée de lieux de loisirs
La Maison des jeunes de Labé, censée être un lieu de rencontre et d’expression culturelle, est également en ruine. Une situation qui attriste Amadou Sadiga Traoré, acteur culturel.
« Aujourd’hui, il est très difficile de mobiliser la jeunesse à Labé, car nous n’avons plus de lieu de rassemblement. La Maison des jeunes est en chantier depuis des années. Pendant la saison des pluies, nous n’avons nulle part où organiser nos activités culturelles ou associatives. Il faut que l’État s’implique sérieusement pour achever ce bâtiment. Parmi les quatre régions naturelles du pays, seule Labé ne dispose pas d’une maison des jeunes fonctionnelle », déplore-t-il.
Un besoin urgent d’infrastructures de base
Dans son ensemble, la région de Labé souffre d’un manque criant d’infrastructures de base. Routes dégradées, chantiers inachevés, absence de structures publiques adaptées : autant de défis qui freinent le développement local et alimentent le mécontentement des citoyens.
Abdoul Karim Baldé pour foutakameen.com




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