La puberté précoce est une anomalie qui touche de plus en plus d’enfants, notamment les jeunes filles. Il s’agit d’une période durant laquelle les organes sexuels commencent leur transformation plus tôt que la normale, atteignant rapidement une maturité destinée à la reproduction. À Labé, le gynécologue Dr Paul Delamou apporte des précisions essentielles sur ce phénomène encore mal compris par les parents.
Selon le spécialiste, la puberté est « une période de transition entre l’enfance et l’âge adulte, caractérisée par une accélération de la croissance, des transformations biologiques, physiques et émotionnelles ».
Chez les filles, elle survient généralement entre 8 et 13 ans, tandis que chez les garçons, elle débute normalement entre 9 et 14 ans. Toute apparition des signes en dessous de ces fourchettes peut être qualifiée de puberté précoce, explique-t-il.
Dr Delamou rappelle que cette anomalie n’est jamais le fruit du hasard :
« Pendant cette période, se produisent d’importantes transformations physiques et biologiques. Les hormones sécrétées par l’hypothalamus et l’hypophyse agissent sur des organes cibles tels que les seins et l’appareil génital chez les filles, ou les testicules chez les garçons. Lorsque cette activation hormonale débute trop tôt, elle entraîne une puberté précoce », explique-t-il.
Au-delà des changements corporels, la puberté précoce peut provoquer des séquelles psychologiques et sociales importantes.
« Quand l’enfant grandit plus vite que les autres, il ou elle peut se sentir isolé(e), car ses camarades du même âge ne présentent aucun signe similaire », explique le gynécologue. Cette différence précoce peut perturber le rapport à l’enfance :
« La croissance s’arrête plus tôt, l’enfant ne profite pas pleinement de son enfance et adopte parfois des comportements d’adulte sans y être préparé », fait savoir le médecin.
Chez les jeunes filles, les conséquences peuvent être encore plus graves si un mariage ou une grossesse intervient durant cette période.
« Si une jeune fille arrive à concevoir alors que son organisme et son bassin ne sont pas matures, les risques sont énormes. L’accouchement peut devenir très compliqué. Dans la plupart des cas, une césarienne s’impose. Certaines adolescentes développent ensuite des dépressions en raison des traumatismes vécus », alerte Dr Paul.
Le spécialiste appelle les parents à surveiller attentivement les signes précoces et à consulter rapidement un médecin afin d’éviter les complications.
Aissatou Maleya Diallo pour Foutakameen.com

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