Santé maternelle à Tangaly : l’alerte d’une sage-femme sur les difficultés des soins en zone rurale

Santé maternelle à Tangaly : l’alerte d’une sage-femme sur les difficultés des soins en zone rurale

Dans la sous-préfecture de Tangaly, relevant de la préfecture de Tougué, dans la région de Labé, les femmes enceintes bénéficient d’un suivi assuré par des professionnels de santé engagés, malgré des moyens matériels limités. Au centre de santé local, les agents affrontent quotidiennement les réalités des soins prénatals en milieu rural : insuffisance d’équipements, ruptures de médicaments essentiels et difficultés d’évacuation des urgences obstétricales.

La rédaction de foutakameen.com s’est rendue sur place afin de mieux comprendre les conditions de travail du personnel soignant et la qualité de la prise en charge offerte aux patientes. Sur place, la sage-femme Ramatoulaye Diallo a accepté de témoigner de l’évolution de leur mission au sein de la structure.

Interrogée sur les équipements et produits disponibles, elle précise que le centre dispose de certains matériels indispensables, mais reste confronté à des manques préoccupants.

« Concernant le matériel, nous disposons notamment d’une table d’accouchement et des vaccins nécessaires au suivi des femmes enceintes. Il existe également des médicaments en comprimés que les patientes doivent prendre pendant la grossesse, ainsi que des traitements contre le paludisme. En revanche, nous sommes en rupture de médicaments destinés à augmenter le taux d’hémoglobine depuis plus de sept mois », explique-t-elle.

Ramatoulaye Diallo, Sage-femme au centre de santé de Tangaly

Poursuivant son intervention, la sage-femme évoque les difficultés quotidiennes auxquelles la structure est confrontée. Si elle reconnaît la disponibilité de certains responsables sanitaires, elle insiste sur la gravité des ruptures de médicaments essentiels, particulièrement ceux destinés à prévenir ou traiter l’anémie chez les femmes enceintes.

« Les difficultés ne sont pas insurmontables lorsque les responsables répondent à nos sollicitations. Mais le principal problème concerne les médicaments qui permettent d’augmenter le taux sanguin. Ils sont très demandés par les patientes. Faute de stock, elles sont contraintes de les acheter en pharmacie, ce qui n’est pas toujours possible pour toutes. En attendant, nous leur conseillons de consommer des aliments riches en fer pour améliorer leurs globules rouges. Vous savez, la femme enceinte partage son sang avec son bébé. Si ce taux diminue sans être corrigé, les conséquences peuvent être graves », souligne Ramatoulaye Diallo.

La question des complications obstétricales constitue un autre défi majeur. Lorsque l’état d’une patiente dépasse les capacités du centre, une procédure de référence vers l’hôpital préfectoral est enclenchée. Toutefois, l’évacuation sanitaire n’est pas toujours immédiate.

« En cas de complications que nous ne pouvons pas prendre en charge ici, nous référons la patiente à l’hôpital préfectoral. Normalement, l’ambulance de la préfecture doit intervenir. Mais si le délai est trop long, la famille doit trouver elle-même un moyen de transport, ce qui peut être difficile, surtout la nuit ou en saison des pluies. C’est aussi une source d’inquiétude pour nous », précise la sage-femme, avant d’appeler les femmes enceintes à effectuer régulièrement leurs consultations prénatales.

En guise d’appel, Ramatoulaye Diallo sollicite le soutien des autorités sanitaires, des partenaires et des personnes de bonne volonté afin d’améliorer les conditions de travail du personnel et la qualité des soins.

« Nous demandons l’appui des autorités et de toute personne de bonne volonté pour renforcer notre capacité d’intervention, assurer la disponibilité permanente des médicaments essentiels et améliorer la prise en charge des patientes. Soutenir notre centre, c’est contribuer directement à la protection de la santé des mères et des nouveau-nés », lance-t-elle.

Malgré les obstacles, les soignants de Tangaly continuent d’assurer leur mission avec détermination, illustrant le rôle crucial des structures de santé de proximité dans la réduction de la mortalité maternelle et néonatale en milieu rural.

Mamadou Dian Diallo et Aïssatou Maleya Diallo pour foutakameen.com

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