Sécurité à Kindia : les citoyens « ignorent » le numéro vert mis à leur disposition par les forces de sécurité

Sécurité à Kindia : les citoyens « ignorent » le numéro vert mis à leur disposition par les forces de sécurité

Pour faire face à l’insécurité dans sa localité, le commandant de la première région militaire de Kindia a invité la population à une collaboration étroite avec les forces de défense et de sécurité. Cette déclaration a été faite lors d’une rencontre qu’il a eue avec des journalistes de Kindia ainsi que ceux venus d’autres régions à l’occasion d’un séminaire tenue dans cité des agrumes cette semaine.

Pour assurer la sécurité dans la région, les forces de défense ont annoncé avoir pris des dispositions. Parmi elles, la disponibilisation d’un numéro vert pour alerter sur les cas d’attaques.

« Vous savez, une fois encore, la sécurité n’est pas facile. La sécurité est très, très coûteuse et elle demande l’implication de la population. Si la population ne s’implique pas pour fournir les informations, nous, les forces de l’ordre, nos missions deviennent un peu difficiles. Ici, par exemple, à Kindia et dans les autres préfectures de la région, à partir de 18 h à 20 h, il y a une patrouille qui sort, composée de près de neuf pick-up constitués par la gendarmerie, la police et l’armée. Mais même avec ces neuf pick-up, on ne peut pas couvrir toute la ville. Il faut obligatoirement l’implication de la population : quand elle a une information relative à la criminalité, elle nous appelle. Donc, c’est dans cet ordre d’idées que nous avons trouvé des numéros verts pour chaque région. Par exemple, pour la région de gendarmerie de Kindia, c’est le 125. Nous avons deux appareils. Quand la population a un problème, ou qu’elle est attaquée, ou bien que des citoyens libres qui se promènent sont attaqués, il suffit seulement de s’isoler et d’appeler le numéro vert. Mais malheureusement, la population ne collabore pas. On a donné ces numéros verts, ils n’appellent pas, ce sont les enfants qui jouent avec. Nous, nous avons dit : ils peuvent rester sans nous appeler. Mais si les enfants jouent, nous allons mettre la brigade de recherche en mouvement. On va interpeller ces enfants, on va appeler le procureur. Les infractions relatives au comportement des enfants, on va constituer la procédure et puis voilà, on va les mettre à la disposition de la justice », a fait savoir le commandant Sory Dabo.

Poursuivant, le commandant sensibilise les citoyens et les invite à une bonne collaboration :

« Nous leur demandons de sensibiliser, de dire aux enfants que ce n’est pas un jouet. Et ces numéros verts, ce sont des numéros qui ont été négociés avec les opérateurs et qui sont payés dans le budget du haut commandement. Donc, une fois encore, nous comptons sur vous. Nous comptons sur votre sens élevé de la sécurité. Je pense qu’après notre intervention, nous aurons de la facilité. Quand il y a des problèmes dans toutes les préfectures, ils pourront appeler ces numéros verts et nous allons appeler nos unités pour pouvoir intervenir, puisque notre mission, notre redevance envers la population, c’est leur sécurité. La population ne nous demande pas de lui donner de l’argent. Elle nous demande d’assurer sa sécurité. Donc, comme nous avons pris la tenue pour ça, nous sommes payés pour ça, et l’autorité a porté confiance en nous parmi tant d’autres officiers pour nous donner des postes de responsabilité, nous devons être en mesure d’assurer la sécurité de la population », a lancé le commandant de la gendarmerie de la région militaire de Kindia.

De retour à Kindia, Boubacar Diallo pour foutakameen.com

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