Le président Mamadi Doumbouya avait promis, lors de son investiture, le 17 janvier 2026, de faire de son mandat un engagement fort en faveur des femmes. Le nouveau gouvernement compte sept ministres féminines, occupant des postes stratégiques et sociaux, mais avec environ 24 % de représentation. La parité de 30% exigée par la nouvelle constitution n’est pas encore atteinte.
Combien de femmes ? quel poids dans l’équipe gouvernementale ?
Dans ce nouveau gouvernement de la cinquième République, seulement sept femmes figurent parmi les titulaires de ministères dans la nouvelle équipe. Ce sont : Mariama Ciré Sylla aux Finances, Dre Diaka Sidibé à l’Enseignement supérieur, Khaïté Sall à la Santé, Patricia Adeline Lamah au ministère de la Femme, Djami Diallo à l’Environnement, Aminata Kaba à l’Agriculture, Fatima Camara à l’Industrie et au Commerce. Le gouvernement, dans sa nouvelle architecture comporte 29 membres – dont des ministres, des secrétaires généraux ayant rang de ministre.
La représentation féminine atteint environ 24% des postes ministériels.
Les postes clés occupés par des femmes : rôle et portée politique
Parmi les portefeuilles attribués à des femmes, plusieurs sont hautement stratégiques pour l’action publique et l’économie :
1. Ministère de l’Économie, des Finances et du Budget : Mariama Ciré Sylla.
2. Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique : Khaïté Sall.
3. Ministère de l’Industrie et du Commerce : Fatima Camara.
4. Ministère de l’Agriculture : Aminata Kaba.
5. Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique : Dre Diaka Sidibé.
6. Ministère de la Femme, de Famille et des Solidarités : Patricia Adeline Lamah.
7. Ministère de l’Environnement et du Développement durable : Djami Diallo.
Ces attributions montrent que les femmes ne sont pas cantonnées aux seuls ministères sociaux : elles dirigent aussi les finances, l’agriculture, l’industrie et la santé, ce qui est un facteur notable.
Parité constitutionnelle : la règle des « au moins 30 % » est-elle respectée ?
Le nouvelle Constitution consacre la promotion de la parité en prévoyant l’octroi d’un quota d’au moins 30 % aux femmes dans les postes décisionnels et électifs nationaux, régionaux et locaux. Sauf qu’à l’échelle du gouvernement actuel, la part effective d’environ 24 % est en dessous de ce seuil minimal. Autrement dit, la composition ne respecte pas encore l’exigence de quota fixée par la Constitution.
Lecture politique : entre signal symbolique et progrès structurel
Signal fort : placer une femme aux Finances et confier d’autres portfolios économiques montre une volonté d’intégrer les femmes dans des fonctions de décision économique.
Limite structurelle : La part globale reste inférieure au seuil de 30 %. Tant que la proportion totale n’atteint pas ce quota, le discours sur le mandat « dédié aux femmes » risque d’être perçu comme symbolique plutôt qu’accompagné d’une transformation structurelle.
Portefeuilles manquants : l’absence ou la rareté de femmes à la tête de certains ministères traditionnellement considérés comme stratégiques (Mines, Défense, Intérieur) limite l’influence réelle sur tous les leviers du pouvoir économique et sécuritaire.
La présence de sept femmes ministres dans le gouvernement récemment formé est une avancée appréciable, particulièrement quand des femmes dirigent des secteurs clés comme l’Économie. Mais la parité telle qu’inscrite dans la constitution est n’est pas atteinte : la représentation féminine tourne autour de 24 %. Le défi pour le pouvoir est désormais de convertir le message symbolique – mandat « dédié aux femmes » – en actes concrets et durables.
Mamadou Aliou Diallo pour foutakameen.com

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