Une école franco-arabe en détresse à Garambé : chaque salle accueille deux classes et deux enseignants

Une école franco-arabe en détresse à Garambé : chaque salle accueille deux classes et deux enseignants

L’école primaire franco-arabe de Garambé Centre, située en bordure de la nationale Labé–Conakry, traverse une situation préoccupante malgré l’engagement constant de ses enseignants. Construite en 1971, elle n’a jamais bénéficié de la moindre rénovation.

Sa directrice, Ramatoulaye Baldé, décrit une une infrastructure vieillissante et un manque d’élèves devenu problématique.

« L’une de nos grandes difficultés, c’est le faible effectif. À chaque ouverture des classes, nous recevons très peu d’élèves. Les parents nous disent que leurs enfants risquent d’abandonner leurs études dès l’obtention de l’entrée en 7ème puisqu’il n’y a pas de collège ici à Garambé. Beaucoup n’ont pas les moyens d’envoyer leurs enfants en ville. D’autres, une fois admis au collège, partent directement dans les écoles françaises, mais tous ne parviennent pas à suivre », explique-t-elle.

Ramatoulaye Baldé, directrice de l’école primaire Franco-arabe de Garambé-centre

Elle précise également que certaines matières fondamentales n’étaient plus enseignées.

« Pendant deux ans, les enfants n’étudiaient plus l’orthographe, l’expression écrite ou le français. Nous avons introduit ces cours et le niveau commence à progresser », fait savoir la directrice.

Des salles délabrées et des classes doublées

L’école ne dispose que de trois salles de classe, toutes en mauvais état. Pour pallier le manque d’infrastructures, deux enseignants partagent la même salle :

« Nous avons trois enseignants de français, trois d’arabe, et moi-même. Mais seulement trois salles… Alors, nous faisons cohabiter deux classes par pièce : 1ère et 2ᵉ année ensemble, 3ᵉ et 4ᵉ, puis 5ᵉ et 6ᵉ. Chacun avec son tableau, chacun de son côté. C’est difficile », confie la directrice.

Des démarches pour obtenir une nouvelle salle de classe

Malgré les obstacles, Ramatoulaye Baldé affrime mener régulièrement des démarches.

« Chaque année, nous sollicitons nos supérieurs et les autorités locales. Récemment, avec l’APEAE, nous avons rencontré le président du district et le maire pour obtenir au moins une salle de classe supplémentaire pour décentraliser les premières années. Nous avons accepté de fournir le sable, et les autorités doivent nous aider à compléter le reste », indique dame Ramatoulaye Baldé.

Une école historique oubliée

Ce qui attriste le plus la directrice, c’est que l’école, première à avoir été construite dans la commune rurale, semble aujourd’hui délaissée.

« C’est la plus ancienne école de la sous-préfecture et elle est toujours oubliée. Elle est proche de la route nationale mais n’a même pas de clôture. Pendant la récréation, nous surveillons les enfants pour éviter qu’ils traversent la route. Beaucoup de personnalités ont étudié ici, mais l’école est laissée à l’abandon », regrette-t-elle.

Un appel à l’aide

Elle lance enfin un appel pressant :

« Nous demandons aux parents de continuer à inscrire leurs enfants au franco-arabe. Ils y apprennent le français et l’arabe, c’est un atout. À toute la communauté de Garambé, nous sollicitons votre soutien pour obtenir au moins deux salles de classe et une clôture », plaide la directrice.

Si aucune aide n’est octroyée rapidement, l’école franco-arabe de Garambé pourrait voir son fonctionnement sérieusement compromis.

Abdoul Karim Baldé pour foutakameen.com

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