À cinq jours du scrutin présidentiel prévu le 28 décembre 2025, la directrice générale des élections (DGE), Mme Djenabou Touré, a apporté d’importantes précisions sur l’organisation du vote et les conditions de son observation. Elle s’exprimait ce mardi 23 décembre à Conakry, lors d’une rencontre d’information et d’orientation réunissant les observateurs nationaux et internationaux accrédités.
Selon Mme Touré, cette rencontre s’inscrit dans le processus électoral normal. Elle visait essentiellement à expliquer aux observateurs le cadre légal et institutionnel du scrutin, l’état d’avancement des préparatifs, ainsi que les règles à respecter le jour du vote.
« En matière d’observation électorale, il est toujours important d’expliquer le cadre juridique de l’élection, le déroulement des activités et les droits et devoirs des observateurs, conformément aux lois internationales mais aussi à celles de notre pays », a-t-elle souligné.
Parmi les points majeurs abordés figure l’interdiction stricte de l’usage des téléphones et de tout outil informatique dans les isoloirs. Une disposition prévue par le nouveau Code électoral, selon la DGE.
« Les téléphones sont admis dans le bureau de vote, mais pas dans l’isoloir. L’électeur doit laisser son téléphone au secrétaire avant d’accomplir son vote », a expliqué Mme Touré.
Cette mesure vise, selon elle, à préserver le secret du vote et à lutter contre des pratiques frauduleuses telles que l’achat de conscience.
« Photographier son bulletin enlève le secret du vote et favorise des dérives, notamment lorsque des électeurs sont sommés d’apporter la preuve de leur choix », a-t-elle insisté.
Autre clarification importante : l’absence d’enveloppe lors du vote. La directrice générale des élections a rappelé que la Guinée utilise un bulletin de vote unique et sécurisé, ce qui rend inutile l’enveloppe.
« L’enveloppe est nécessaire lorsqu’il y a plusieurs bulletins, un par candidat. Avec le bulletin unique, sécurisé, il n’y a pas besoin d’enveloppe », a-t-elle précisé, affirmant au passage que la Guinée dispose de « l’un des bulletins les plus sécurisés en Afrique ».
La DGE a également mis en garde les observateurs contre toute immixtion dans le processus électoral. Leur rôle se limite à l’observation et à la rédaction de rapports.
« Ils ne doivent pas se mêler au déroulement du vote, ni au dépouillement, encore moins à la centralisation des résultats », a-t-elle averti, rappelant que des incidents survenus par le passé avaient conduit à un encadrement plus strict de l’observation électorale.
Sur la question des garanties accordées aux candidats, la DGE se veut rassurante. Mme Touré affirme que tous les candidats ont bénéficié d’un accès équitable aux médias, ont pu battre campagne librement sur l’ensemble du territoire national et disposent de représentants dans les bureaux de vote et les commissions de centralisation.
« Aucun candidat n’a été empêché de faire campagne. Les difficultés ponctuelles ont été prises en charge et réglées en collaboration avec la HAC », a-t-elle assuré.
À travers ces clarifications, la Direction générale des élections entend renforcer la transparence du scrutin du 28 décembre et rassurer aussi bien les acteurs politiques que les observateurs sur le respect des règles démocratiques et du secret du vote.
Mamadou Aliou Diallo et Houssainatou Bah, pour foutakameen.com

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