Élection du 28 décembre et suspension de l’UFDG : Cellou Dalein Diallo sonne l’alarme

Élection du 28 décembre et suspension de l’UFDG : Cellou Dalein Diallo sonne l’alarme

À seulement quelques heures de la nouvelle année (2026), Cellou Dalein Diallo, président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), s’est adressé aux Guinéens ce mercredi 31 décembre 2025 dans un discours d’une rare fermeté. Dans une allocution solennelle, l’opposant guinéen a dressé un tableau sombre de la situation politique, institutionnelle, sociale et morale du pays, à la suite de l’élection présidentielle du 28 décembre ayant abouti à la victoire du général Mamadi Doumbouya dès le premier tour.

Dès l’entame, le ton est donné. « L’année 2025 se termine dans un contexte critique qui ne marquera jamais l’histoire de notre pays », affirme-t-il, estimant que « jamais la gravité du moment n’a aussi cruellement résonné en termes de démocratie et de droits humains ». Pour Cellou Dalein Diallo, la Guinée n’est plus « au bord du précipice », mais bien « de plein pied » dans une situation qu’il qualifie de violence et de tyrannie exercées par le CNRD et son gouvernement.

Hommage aux victimes et dénonciation des violences

Le leader de l’UFDG consacre une large partie de son discours à la mémoire des victimes de la répression. Il évoque « les 65 jeunes manifestants froidement assassinés par les forces de défense et de sécurité », ainsi que plusieurs personnalités décédées dans des circonstances troublantes, dont le général Sadiba Koulibaly, le colonel Célestin Bilivogui et le docteur Mahmoud Djoubaté. À leurs familles, il exprime sa compassion et promet de « ne ménager aucun effort pour contribuer à élucider les conditions exactes de l’arrestation, de la détention et de la mort de leurs proches », promet-il.

Il pense également « aux personnes arbitrairement emprisonnées » et à « tous les compatriotes de tout âge et de toute opinion qui croupissent sous des prétextes fallacieux dans les geôles du CNRD », rendant hommage à celles et ceux qui ont perdu la vie, leur liberté ou leur intégrité physique « en défendant la démocratie et l’honneur de la patrie ». Pour lui, « aucun de nos martyrs ne sera oublié » et le jour viendra où la République reconnaîtra l’ampleur de leurs sacrifices.

Une transition qualifiée comme une illusion

Se projetant vers l’avenir immédiat, Cellou Dalein Diallo se montre peu optimiste : « 2026 n’annonce pas du nouveau, mais la terrible continuité du même ». 

Il dénonce l’annonce d’une fin de transition et d’un retour à l’ordre constitutionnel qu’il juge illusoire, parlant au contraire d’« une prolongation du régime d’exception » et de « la fin du pluralisme politique », avec l’installation d’« une tyrannie civilo-militaire ».

Selon lui, le propre d’une tyrannie est « d’élever l’illusion au rang de foi ». Il accuse les autorités d’opacité, notamment dans la gestion des ressources minières, s’interrogeant sur le refus de publier les conventions minières et sur l’abandon de certains projets structurants.

« Le peuple a le droit de savoir où vont ses ressources et comment l’argent public est utilisé », martèle-t-il, mettant en garde contre une « gestion patrimoniale de l’État » et une « course effrénée à l’enrichissement personnel des dirigeants ».

« Un coup d’État par les urnes » le 28 décembre

Le cœur politique du discours de l’oppodqnt reste l’élection présidentielle du 28 décembre 2025. Cellou Dalein Diallo est catégorique : après le coup d’État militaire du 5 septembre 2021, la Guinée vient, selon lui, d’assister à « un coup d’État par les urnes ». Il rappelle que l’UFDG et d’autres forces politiques n’ont « ni participé directement ni indirectement » à ce scrutin, ayant appelé la population à ne pas s’associer à ce qu’il qualifie de « mascarade ».

Il affirme que ce mot d’ordre a été largement suivi et prévient que les résultats proclamés « n’auront aucun rapport avec la vérité des urnes ». Pour lui, ce scrutin « n’a été ni démocratique » et visait non pas à élire un président, mais à « introniser un roi ». Toutefois, insiste-t-il, « on peut confisquer un scrutin, mais on ne confisque pas une conscience ».

Appel à la mobilisation et rôle de la jeunesse

Face à cette situation, Cellou Dalein Diallo appelle à une mobilisation pacifique et inclusive de tous les Guinéens, « au-delà des partis politiques, des régions et des confessions religieuses ». Il accorde une place centrale à la jeunesse, qu’il invite à ne plus subir, mais à agir : « Jeunes de Guinée, ne vous laissez pas raconter l’histoire de votre pays. Faites-la », lance-t-il.

Rappelant que les moins de 35 ans représentent plus de 70 % de la population, il les exhorte à prendre conscience de leur force, à se mobiliser et à occuper « l’avant-scène du combat pour la démocratie et les libertés ».

Suspension de l’UFDG

Le président de l’UFDG revient enfin sur la suspension de son parti, qu’il juge « injuste et sans aucune base légale ». Selon lui, cette décision vise uniquement à « nous faire taire et nous exclure », mais elle est vouée à l’échec. « On ne suspend pas une idée. On ne dissout pas un idéal », affirme-t-il avec force, assurant que « rien n’arrêtera le train de la liberté de l’UFDG ».

Il réaffirme par ailleurs, l’ambition de son parti de conquérir le pouvoir par des moyens démocratiques, mais surtout d’être « un rempart sûr contre les violations des droits de l’homme et les restrictions des libertés », refusant toute compromission avec ce qu’il considère comme une tyrannie.

Un message d’espoir malgré tout

Malgré la gravité du constat, Cellou Dalein Diallo conclut son discours par un message de vœux à l’endroit des Guinéens, souhaitant que l’année 2026 soit marquée par une amélioration des conditions de vie, la réussite des projets et une meilleure santé pour tous.

Un discours dense, accusateur et mobilisateur, qui confirme la ligne de fermeté de l’UFDG face au pouvoir en place et augure d’une année 2026 sous haute tension politique en Guinée.

Foutakameen.com

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