À l’approche de la fin de l’année scolaire, le secteur de l’éducation en Guinée risque de nouveau d’être secoué. L’intersyndicale regroupant le Syndicat national de l’éducation (SNE) et la Fédération syndicale professionnelle de l’éducation (FSPE) a menacé de déclencher une grève sur fond de revendications jugées non satisfaites.
Cette annonce suscite déjà de vives inquiétudes au sein de la communauté éducative, notamment chez les élèves candidats aux examens nationaux, mais aussi chez certains enseignants, alors que le calendrier scolaire entre dans sa phase décisive.
Pour prendre le pouls de la situation, la rédaction de foutakameen.com s’est rendue ddans certains établissements scolaires. Objectif : recueillir les avis d’acteurs du système éducatif sur les conséquences éventuelles d’un arrêt de travail à ce moment crucial de l’année.
Parmi les enseignants interrogés, les positions divergent.
Souleymane Djomboya Diallo, enseignant, appelle à la retenue et privilégie le respect des engagements déjà conclus avec les autorités.
« De mon côté, il m’est difficile de suivre cette grève, parce que nous avions signé un protocole d’accord avec le gouvernement, qui devait être respecté d’ici septembre. Je pense donc qu’il faudrait attendre ce délai. Si l’État ne respecte pas cet accord, nous pourrons alors envisager la grève. Toutefois, chacun est libre de se revendiquer. Pour ma part, j’invite les syndicats et les enseignants à privilégier le dialogue. S’asseoir autour de la table est la meilleure solution, surtout pour préserver les intérêts des élèves candidats aux examens », a-t-il déclaré.
À l’inverse, Ibrahima Diallo, également enseignant, se montre favorable au mouvement, qu’il juge légitime face au non-respect des engagements.
« Personnellement, je soutiens la grève si elle est déclenchée, parce qu’elle est légale et légitime. Si nous en arrivons là, c’est parce que le gouvernement n’a pas respecté ses engagements. Certes, cela peut avoir des conséquences, notamment sur les examens, mais c’est aussi un moment stratégique pour faire entendre nos revendications. Toutefois, je reste ouvert au dialogue, car toute solution durable passe par la négociation », a-t-il expliqué.
Du côté des candidats, l’inquiétude est palpable. Mamadou Moussa Barry redoute les répercussions d’une nouvelle grève sur leur préparation.
« S’ils déclenchent la grève, cela va forcément nous impacter, surtout nous qui devons passer les examens. Les précédents arrêts de cours et les congés ont déjà eu des effets sur notre niveau. À ce stade, ce serait encore plus compliqué. Nous demandons à l’État de prendre ses responsabilités pour éviter que notre avenir ne soit compromis », a-t-il plaidé.
Même son de cloche chez Fatoumata Binta, qui appelle à une réaction rapide des autorités.
« Une grève à ce moment de l’année n’est pas bonne pour nous. Nous sommes presque à la fin des programmes. Si les cours s’arrêtent maintenant, cela va nous pénaliser. Le gouvernement doit prendre toutes les dispositions pour éviter cette situation », a-t-elle insisté.
Entre soutien aux revendications syndicales et appels pressants au dialogue, les avis restent partagés. Une interrogation demeure toutefois au cœur des préoccupations : la grève annoncée aura-t-elle effectivement lieu ? Les prochains jours nous édifieront.
Mamadou Dian Diallo pour foutakameen.com

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