Tribune : La HAC et le paradoxe d’une communication digitale négligée (par Ibrahima Tanou Diallo)

Tribune : La HAC et le paradoxe d’une communication digitale négligée (par Ibrahima Tanou Diallo)

La Haute Autorité de la Communication (HAC) est l’une des institutions républicaines les plus importantes de notre pays. Elle régule les médias, veille à la qualité de l’information et incarne, en théorie, la rigueur et l’exemplarité dans l’espace public.

Mais une question simple s’impose : comment une institution qui encadre la communication peut-elle autant négliger la sienne ?

Il suffit aujourd’hui de consulter ses plateformes digitales, notamment sa page Facebook, pour constater un décalage frappant entre sa mission et sa pratique. Images amateurs, vidéos mal cadrées, son de mauvaise qualité, diffusions en direct improvisées…

Plus troublant encore, la page se contente souvent de relayer des contenus produits par d’autres médias, sans véritable production propre, sans traitement éditorial, sans valeur ajoutée institutionnelle. Résultat : une communication qui donne l’impression d’être improvisée, voire négligée.

Or, la HAC n’est pas un média comme les autres. C’est une autorité. Elle est observée, suivie et prise au sérieux par les professionnels des médias et le grand public. À ce niveau de responsabilité, la communication ne peut pas être approximative. Elle doit être maîtrisée, structurée et exemplaire.

Le plus préoccupant, c’est que les moyens ne sont plus aujourd’hui un obstacle. Un smartphone correct, un micro, un trépied et un minimum de compétence technique suffisent pour produire un contenu propre et professionnel. Le problème n’est donc pas uniquement matériel. Il est aussi organisationnel, éditorial et stratégique.

Car une communication institutionnelle ne se résume pas à “filmer et publier”. Elle exige une ligne éditoriale, une préparation, une intention claire et une conscience du rôle public de l’image diffusée.

Dans un contexte où la communication digitale façonne la crédibilité des institutions, chaque publication compte. Chaque live compte. Chaque image compte.

La HAC ne peut pas se permettre de donner une image inférieure aux standards qu’elle est censée défendre.

Il ne s’agit pas de critiquer gratuitement, mais d’alerter. Une institution qui régule la parole publique doit, plus que toute autre, soigner sa propre parole visuelle et numérique.

Aujourd’hui, une évidence s’impose :
la HAC doit urgemment mettre sa communication digitale au niveau de sa mission républicaine.

Ibrahima Tanou Diallo, Journaliste

COMMENTS