L’annonce d’une grève illimitée par l’intersyndicale de l’éducation (SNE–FSPE) continue de faire réagir les autorités. Du côté du Ministère de l’Éducation Nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle, le ton oscille entre surprise affichée et volonté de désamorcer une crise que le gouvernement juge évitable.
Intervenant récemment dans les médias, le porte-parole du ministère, Mohamed Ansa Diawara a affirmé avoir appris la décision des syndicats « par voie de presse », une déclaration qui traduit une certaine incompréhension face à ce mot d’ordre. « Nous avons été très surpris », insiste-t-il, rappelant que des discussions étaient toujours en cours entre les différentes parties.
Un protocole d’accord en toile de fond
Au cœur de cette tension : le protocole d’accord signé le 3 janvier 2026, à l’issue d’un précédent mouvement de grève. Selon le ministère, ce document est toujours en cours d’exécution.
Trois commissions techniques ont été mises en place pour traiter les principales revendications des enseignants, notamment :
• le déblocage des salaires en souffrance,
• le rétablissement des primes,
• et le recrutement des enseignants contractuels.
Si les autorités reconnaissent un ralentissement dans la mise en œuvre, elles l’expliquent par le récent changement de gouvernement, qui aurait entraîné un temps d’adaptation dans le suivi des dossiers.
Malgré cela, le ministère assure que les travaux ont déjà repris. « La commission en charge du déblocage des salaires est déjà à pied d’œuvre », affirme le porte-parole, évoquant une « volonté réelle » de respecter les engagements pris.
Une stratégie d’apaisement affichée
Face à la menace de grève, le gouvernement privilégie pour l’instant une approche basée sur le dialogue. Une réunion tripartite réunissant autorités, syndicats et Conseil national du dialogue social s’est tenue le 9 avril 2026, avec pour objectif de faire le point sur l’état d’avancement des engagements et de maintenir la concertation.
Dans cette dynamique, le ministère appelle les syndicats à privilégier les discussions plutôt que la confrontation. « La grève est une arme forte qui ne doit intervenir qu’en dernier recours », rappelle Mohamed Ansa Diawara, estimant que « toutes les portes restent ouvertes ».
Une crise relativisée par les autorités
Au-delà de la fermeté mesurée, le gouvernement tente aussi de relativiser la portée de la menace. Pour lui, les tensions actuelles seraient en partie liées à un « manque d’information » sur les avancées enregistrées, mais aussi à des divergences internes au sein du mouvement syndical.
« Les problèmes internes aux syndicats ne doivent pas freiner la mise en œuvre d’un accord global », souligne le porte-parole, tout en se disant confiant quant à une issue rapide.
Maintenir la stabilité du système éducatif
En toile de fond, un enjeu majeur : préserver la continuité des cours à l’approche de la fin de l’année scolaire. Le ministère assure que des ajustements ont déjà été opérés pour rattraper les retards accumulés et éviter une nouvelle perturbation.
« Une grève pénalise tout le monde, y compris ceux qui la déclenchent », prévient-il, appelant à la responsabilité de tous les acteurs.
Reste à savoir si cet appel à l’apaisement suffira à convaincre l’intersyndicale de suspendre son mot d’ordre. Car derrière les déclarations rassurantes, une question demeure : le décalage entre les annonces officielles et les attentes des enseignants pourra-t-il être comblé à temps ?
Houssainatou Bah pour foutakameen.com

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